Dimanche 22 octobre 2006

La démarche d'évaluation dans sa première étape va croiser la grande fête de la Toussaint.
Et si  rencontre ‘providentielle’ était un stimulant supplémentaire pour prendre encore plus au
sérieux cette démarche et pour lui donner tout son sens ?
 
La célébration de la Toussaint nous fait prendre conscience chaque année de notre vocation fondamentale : celle de devenir des saints. Lorsque nous avions préparé les fiches de ré - appropriation du Concile en vue de la démarche synodale des années 94-96 nous en avions constitué une, intitulée : ‘appelés à la sainteté’. Elle reproduisait une conviction forte du Concile : ‘Tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur condition et leur état de vie sont appelés par Dieu chacun dans sa route, à une sainteté dont la perfection est celle même du Père’ (G et Spes no 11). Le commentaire qui l'accompagnait mettait en évidence que la sainteté n'était pas réservée à quelques-uns, mais la vocation de tout chrétien. Et cette mise en route de chacun vers la sainteté contribuait à rendre toute l'Eglise sainte, plus crédible donc plus missionnaire. 

Quel est en effet le rôle des saints ? Dans un premier temps nous serions tentés d'évoquer seulement les grands saints. Comme ce fut le cas ces dernières semaines grâce à la compagnie des ‘Tréteaux du monde’ qui a représenté en divers lieux du diocèse les belles figures de Bernard de Clairvaux et du Petit Pauvre d'Assise. Nous aurions pu penser à des saints ou à des témoins plus proches de notre époque comme Sainte Thérèse de Lisieux, le pape Jean XXIII, le Père de Foucault, Mère Teresa ou encore à Mgr Romero et bien d'autres. Il en ressort que ces témoins se sont évertués à ‘perpétuer à travers l'histoire et notre histoire la nouveauté de l’Evangile et sa pertinence pour toutes les générations’. Dans cet esprit nous recueillons l'interpellation que nous lance le Père Maurice Zundel : ‘Nous ne pourrions comprendre le rôle essentiel des prophètes, des génies et des saints, si nous n'en concluions pas immédiatement que nous avons notre part dans cette immense symphonie de lumière et d'amour - et que notre vocation c'est précisément de révéler chacun à notre manière le visage éternel du Christ Jésus’.
 
La démarche d'évaluation n'a-t-elle pas pour objectif de vérifier si nous prenons véritablement notre part dans le rayonnement de l'Evangile afin qu'il garde toute sa pertinence de renouveau pour les temps qui sont les nôtres ?
 
A cette fin, ainsi que le recommandait la Lettre des Evêques français de 1996 : ‘A chaque époque, les croyants sont appelés à ressaisir d'une façon particulière le sens de la Parole que Dieu leur adresse. Voilà pourquoi le mystère de la foi en sa totalité nous resterait obscur, si nous ne le considérions pas résolument à partir de son centre : le Seigneur Jésus, Fils du Dieu vivant révélé et livré dans la force de l'Esprit’. (L. N°3) Dieu nous fait un immense crédit en comptant sur nous pour porter à sa croissance le monde nouveau et l'humanité nouvelle mais c'est à la condition de nous laisser saisir personnellement et communautairement par l'étonnante énergie du Christ, par la puissance de sa Résurrection qu'il déploie dans ses sacrements et en particulier dans l'Eucharistie.
 
D'où la nécessité de regarder de près notre relation au Christ, à sa Parole, de vérifier sans cesse la qualité de nos célébrations ou des préparations aux sacrements, et encore de voir comment nous portons tous ensemble le souci de la proximité et de la solidarité vis-à-vis de notre prochain et de nos contemporains (Cf. le questionnaire d'évaluation). D'autant plus qu'en ce temps de la Toussaint vont retentir ‘aux oreilles de notre cœur’, comme dit un cantique, les exigeantes Béatitudes. Le monde actuel est en attente d'artisans de paix, de justice de réconciliation, de miséricorde... et aussi de promoteurs d'Espérance !
 
Peut-être est-il cependant utile de faire deux recommandations pour mieux finaliser cette évaluation : il ne conviendrait pas d'évaluer comme s'il s'agissait d'une formalité administrative ou en pensant aux autres paroisses ou à l'ensemble du diocèse. Il s'agit bien de vous, de votre communauté : avec la création de votre nouvelle paroisse avez-vous ‘retrouvé une nouvelle ardeur missionnaire ?’ chez vous ‘la mission est-elle vraiment l'affaire de tous?’ pensez-vous être ‘en tenue de service?’ Et puis comment en faire une simple formalité ? Ne sommes-nous pas des révélateurs du visage du Dieu d'Amour et comment en témoigner si nous n'avançons pas sur la route de la sainteté c'est-à-dire en étant d'abord des imitateurs du Christ!
 
Mgr Bellino GHIRARD
Evêque de Rodez
par . publié dans : LES PAROISSES NOUVELLES Evaluons le chemin parcour
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